Fin possible de l’ALÉNA: quels sont les impacts dans les Basses-Laurentides?

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(Basses-Laurentides ) Certaines entreprises des Basses-Laurentides ne s’inquiètent pas outre mesure face à la possibilité de voir les États-Unis se retirer de l’Accord de libre-échange nord-américain (ALENA).  Selon des sources gouvernementales canadiennes, le président américain serait sur le point de mettre fin à cet accord signé il y a 24 ans.

La nouvelle peut sembler catastrophique puisque la part des États-Unis dans les exportations québécoises atteint 80%, pourtant la circulation des biens et des services a mainte fois été troublée dans l’histoire des relations canado-américaines.

L’économiste Pierre Fortin, professeur émérite à l’Université du Québec à Montréal rappelle que l’économie a tendance à s’adapter. « Si l’économie canadienne est touchée d’un bout à l’autre, le dollars canadien va se dévaluer et cela devrait rétablir la compétitivité de nos entreprises », dit-il.

Il nuance cependant ses propos en rappelant que les importations américaines coûteraient aussi plus cher. Plusieurs des produits manufacturés au Canada nécessitent des importations des États-Unis selon lui.

« Il faudra aussi songer à voyager ailleurs ou à payer beaucoup plus cher pour séjourner de l’autre côté de la frontière », ajoute-t-il.

Ce dernier mentionne que c’est une joute politique. « Trump a l’habitude de frapper son adversaire sur la gueule avant même d’avoir commencé à négocier », précise t-il.

S’adapter

Le directeur de Laurentides Internationales, Arial Retamal, explique qu’une grande majorité d’entreprise ont déjà préparé un plan B.

« Plusieurs vont ouvrir une succursales aux États-Unis sans nécessairement y transporter la production », lance-t-il.

Selon ce dernier, les entreprises vont devoir ouvrir de nouveaux marchés ou tout simplement être plus sérieuses dans leur commercialisation aux États-Unis. La recherche et le développement ainsi que le marketing et la mise en marché devront être beaucoup plus soutenus.

« Il va y avoir une période de flottement, mais avec du sérieux, elles vont réussir à s’adapter. Il faut aussi cesser de croire dans la proximité. Il y a l’Europe et l’Asie, il faut se diversifier », a expliqué M. Retamal.

Elle garde le cap

La cofondatrice de Shockform Aerospace, Brigitte Labelle, a fondé une coentreprise à Boisbriand. Elle est loin d’être pessimiste pour son entreprise mais elle s’inquiète pour d’autres.

« Si tu peux être facilement remplacé par un compétiteur aux États-Unis, c’est catastrophique. Il va falloir innover et augmenter la productivité.  Mais si tu as des brevets, ta propre technologie et que tu innoves… Nous on investit 20% de notre chiffre d’affaires en R&D (recherches et développement) », a nuancé la vice-présidente du développement des affaires et stratégies de Shockform aéronautique. Mme Brigitte Labelle.

Des reins solides

Le directeur général de Kontron Canada, Robert Courteau ne semble pas inquiet outre mesure de la situation. Son équipe et lui ont déjà planifié plusieurs options et la marge bénéficiaire de l’entreprise ne la rend pas très vulnérable.

« On fait 30% de marge, alors si les américains imposent une taxe de 2 ou 3%, cela aura peu d’impact sur nous », dit-il.

La direction du principal employeur de Saint-Placide semble un peu plus nerveuse. Dans le domaine de l’emballage, les marges bénéficiaires ne sont pas les mêmes que dans les technologies et il y a plus de compétition que dans l’aérospatiale.

« Les derniers contrats signés avec les entreprises américaines stipulaient qu’en cas de réintroduction de droits de douanes, ils seraient à notre charge. Et comme on livre 70% de notre production aux USA nous suivons de près ce qui se passe », explique le directeur général d’emballage Lacroix à Saint-Placide.

Saint-Eustache possède un parc industriel d’importance régional. Le maire de Saint-Eustache n’est pas inquiet outre mesure, mais il croit que cela peut causer de l’instabilité économique à court terme.

« Ce n’est pas souhaitable pour Saint-Eustache comme pour le reste du Canada. Il est très difficile de mesurer les effets d’une telle nouvelle. Ceci dit, nous ne sommes pas inquiets outre mesure », explique Pierre Charron, maire de Saint-Eustache.

Des enjeux majeurs

« Les États-Unis sont la principale destination des ventes des fabricants des Laurentides.  De 2008 à 2012, les ventes de biens fabriqués destinés à ce pays ont diminué de 100 M$, pour atteindre 2,7 G$ », conclut le Directeur général de Laurentides Internationales, Arial Retamal.

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