Quand la 2e guerre mondiale mène à la mairie de Rosemère

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(Rosemère) L’histoire personnelle du nouveau maire de Rosemère, Eric Westram, tient du scénario hollywoodien. Né en Europe d’une mère adolescente puis confié à l’orphelinat,  M. Westram a été adopté par une Française et un Allemand qui se sont rencontrés pendant les horreurs de la 2e guerre mondiale.

« Je suis un drôle de phénomène parce que je suis né en Italie d’une mère biologique italienne et d’un père inconnu. Maman m’a laissé à l’orphelinat quand j’avais quatre ou cinq jours et j’ai été adopté par un père allemand et une mère française qui ont immigré au Québec quand j’avais 4 ans. Je suis une espèce de mélange de citoyens du monde et j’ai gardé ce côté culturel très ouvert », explique Eric Westram.

Un enfant aux commandes d’un char d’assaut

Le destin d’Eric Westram s’est joué sur les champs de bataille en France pendant la seconde guerre mondiale.

« Mon père étant Allemand et ma mère Française, ils étaient l’un contre l’autre. Mon père conduisait des chars d’assaut, des Panzer. Il faisait partie de la dernière vague de soldats. Hitler sentait que la guerre était perdu, il prenait des enfants leur mettait un fusil dans les mains et il les envoyait au front. Mon père devait avoir 16 ou 17 ans quand ils l’ont mis dans un char d’assaut », précise le nouveau maire.

Horst Walter Westram a conduit un char d’assaut Panzer probablement semblable à celui-ci pendant la 2e Guerre Mondiale. Les Allemands ont construit plusieurs modèles de Panzer au fil des ans.

Le maire ajoute aussi que son père adoptif Horst Walter Westram, comme beaucoup de soldats allemands, ne partageait pas la philosophie et la doctrine des Nazis, bien au contraire. Sous le régime totalitaire d’Hitler les jeunes Allemands n’avaient pas le choix, c’était les champs de bataille ou la mort.

L’amour frappe malgré les horreurs de la guerre

C’est après avoir été blessé et fait prisonnier que Horst Walter a rencontré Germaine, la femme avec qui il restera jusqu’à la fin de ses jours.

« Son char d’assaut a été immobilisé, en sortant il s’est fait tirer des balles dans le dos. Après, mon père s’est retrouvé prisonnier dans une ferme en France et c’est là qu’il a rencontré ma mère qui était déjà orpheline. À la fin de la guerre la famille du côté de mon père n’était pas trop heureuse de voir père fréquenter une Française donc mes parents ont quitté l’Europe avec moi pour le Québec », raconte l’homme de 61 ans.

Eric Westram (à droite) en 1960 avec ses parents Horst Walter et Germaine Westram.

Le maire, dont le nom à la naissance était Achile Faltreni, n’en veut pas à sa mère biologique de l’avoir confié à un orphelinat. L’adoption lui a permis de grandir au sein d’une famille unie et aimante pour qui l’éducation avait une grande importance.

« Je peux imaginer une jeune femme italienne de 16 ans qui tombe enceinte dans un pays très religieux, ça pas dû être évident. Me laisser à l’adoption est selon moi un geste excessivement noble », conclut M. Westram.

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